LAS : quelle licence choisir pour viser médecine
Comment choisir sa licence en LAS pour viser médecine : partir de son appétence réelle, vérifier les modalités par université, éviter le piège de la LAS « facile ».
Conseillère d'orientation, Axiom Orientation · Publié le 22 juillet 2026
8 min de lecture
Sommaire
En consultation, il y a une phrase que j’entends presque chaque année au printemps : « Madame, on va prendre la LAS de droit parce qu’il paraît que c’est celle qui passe le mieux en médecine. » Et à chaque fois, je pose la même question en retour : « Ton enfant aime-t-il le droit ? ». Le silence qui suit dit tout.
Choisir sa LAS, c’est le moment où beaucoup de familles se trompent d’objet. On croit choisir une stratégie d’accès à la santé, alors qu’on choisit d’abord une licence universitaire, une vraie, avec ses cours, ses examens et son année entière à vivre. La mineure santé s’ajoute par dessus, mais la colonne vertébrale de l’année, c’est la discipline majeure. Se tromper de majeure, c’est risquer de décrocher avant même d’arriver à la sélection santé.
Cet article n’est pas un classement des « meilleures LAS ». Il n’en existe pas. C’est un guide de décision pour partir de la bonne question, dans le bon ordre, et éviter les pièges que je vois se répéter en cabinet.
Comprendre ce que vous choisissez vraiment
La LAS, licence accès santé, est une licence classique dans une discipline (droit, sciences de la vie, psychologie, STAPS, économie, lettres, mathématiques, selon les universités) à laquelle s’ajoute une mineure santé. Cette mineure vous ouvre la possibilité de candidater aux filières MMOP (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie) et, selon les universités, kinésithérapie, résumées par le sigle MMOPK (enseignementsup-recherche.gouv.fr).
La différence de logique avec le PASS est fondamentale. En PASS, la santé est la majeure et le reste est secondaire. En LAS, c’est l’inverse : la santé est la mineure, et votre discipline est la majeure. Concrètement, cela veut dire que vous passez la plus grande partie de votre année dans les cours de votre licence, pas dans les amphis de santé.
C’est précisément pour cela que la LAS est souvent présentée comme la voie « plan B intégré ». Si vous n’êtes pas admis en santé mais que vous validez votre année, vous continuez naturellement en deuxième année de votre licence. Le diplôme reste cohérent, le temps n’est pas perdu. Encore faut il que cette licence ait du sens pour vous.
Partir de votre appétence, pas de la rumeur
La première règle, celle que je répète le plus, tient en une phrase : choisissez la LAS dont la majeure vous intéresse réellement.
Ce conseil paraît évident, mais il va à rebours du réflexe le plus répandu, qui consiste à chercher « la LAS qui maximise les chances en médecine ». Ce raisonnement repose sur une illusion. Les capacités d’accueil en deuxième année de santé sont fixées par filière et par université, chaque année, sous forme de nombre de places (enseignementsup-recherche.gouv.fr). Elles ne récompensent pas telle ou telle LAS en particulier. Aucune discipline majeure ne « passe mieux » qu’une autre de façon structurelle.
En revanche, votre appétence, elle, change tout. Une année de première année de santé est intense, quel que soit le chemin. Si vous ajoutez par dessus une majeure qui vous ennuie, vous cumulez deux difficultés au lieu d’une. Je vois régulièrement des étudiants brillants en sciences s’effondrer en LAS de droit non par manque de capacité, mais par absence totale d’intérêt pour la matière, qui rend le travail quotidien épuisant.
Prenons un exemple fictif. Camille aime la biologie, elle a pris spécialité SVT au lycée et lit des articles de vulgarisation le week-end. Une LAS sciences de la vie sera pour elle un terrain familier : même si la santé ne se concrétise pas, elle poursuivra dans une discipline qu’elle aime. À l’inverse, si Camille choisit une LAS de droit « parce qu’on lui a dit que c’était mieux », elle risque de subir son année entière.
Vérifier les modalités, université par université
Deuxième règle : ne vous fiez à aucune règle générale sur « la LAS ». Les modalités varient fortement d’un établissement à l’autre.
Chaque université décide des LAS qu’elle propose, de l’organisation de la mineure santé, des attendus et surtout des capacités d’accueil en santé. Deux universités voisines peuvent offrir des mentions différentes et des règles de candidature différentes. La seule source fiable est la fiche de chaque formation sur Parcoursup, où figurent le détail de la LAS, les attendus et les places ouvertes.
Quand j’accompagne une famille, je regarde toujours trois choses sur la fiche Parcoursup :
- Les LAS réellement proposées par l’université visée, car toutes ne proposent pas toutes les disciplines.
- La place de la mineure santé dans l’emploi du temps et les modalités d’accès à la sélection MMOPK, qui diffèrent selon les établissements.
- Les capacités d’accueil en santé de l’université, à mettre en regard du nombre de candidats, en gardant en tête que ces chiffres évoluent chaque année et doivent être datés.
Cette lecture prend du temps, mais elle évite les mauvaises surprises. Une famille qui compare trois universités découvre souvent que « la LAS », au singulier, n’existe pas : il y a des LAS, au pluriel, avec des réalités très différentes.
Les erreurs que je vois le plus souvent
Au fil des consultations, quelques erreurs reviennent avec une régularité frappante. Les nommer, c’est déjà les désamorcer.
Choisir la LAS « la plus facile ». C’est un mirage. La mineure santé est exigeante quelle que soit la majeure, et aucune discipline n’est objectivement plus simple. Ce que vous croyez « facile » est souvent une matière qui ne vous intéresse pas, donc plus difficile à travailler dans la durée.
Choisir la LAS « qui recrute le plus ». Comme vu plus haut, les places dépendent des filières et des universités, pas des LAS. Ce critère n’a pas de fondement solide.
Négliger le scénario du plan B. La LAS est justement conçue pour ce scénario. Se demander « et si la santé ne se fait pas, est ce que cette licence me convient ? » n’est pas du pessimisme, c’est de la lucidité. Une large part des candidats n’accédera pas à MMOP dès la première tentative : la licence choisie doit tenir debout toute seule.
Oublier les règles de réinscription. Un étudiant déjà inscrit en LAS 1 ne peut pas se réinscrire en LAS 1, ni s’inscrire en PASS. Le choix initial engage donc plus qu’on ne le croit, ce qui renforce l’importance de bien viser dès le départ.
Confondre 2026 et 2027. Le gouvernement a annoncé le remplacement de PASS et LAS par une licence santé unique à la rentrée 2027. Les bacheliers 2026 restent sur le système actuel. Vérifiez toujours l’année de référence des informations que vous lisez, y compris celles de cet article, que je date volontairement.
Tableau récapitulatif : la bonne méthode
| Étape | Bonne question | Mauvaise question à éviter |
|---|---|---|
| 1. Discipline | Est ce que la majeure m’intéresse vraiment ? | Quelle LAS est la plus facile ? |
| 2. Plan B | Si la santé échoue, cette licence me convient elle ? | Quelle LAS recrute le plus en médecine ? |
| 3. Université | Qu’indique la fiche Parcoursup de CETTE formation ? | Quelle est la règle générale pour « la LAS » ? |
| 4. Capacités | Combien de places en santé, quelle année de référence ? | Le chiffre entendu l’an dernier est il encore valable ? |
| 5. Cadre | Suis je sur le système 2026 ou la réforme 2027 ? | Les deux, c’est pareil ? |
À retenir
- La LAS est d’abord une licence. Vous choisissez une discipline majeure que vous suivrez toute l’année, la santé n’étant que la mineure.
- Partez de votre appétence réelle, pas de la rumeur : la majeure qui vous intéresse est celle où vous tiendrez la distance.
- Le plan B n’est pas une option, c’est le scénario le plus probable : la licence choisie doit vous convenir même sans la santé.
- Aucune LAS n’est « plus facile » ni « plus rentable » pour accéder à MMOP : les places dépendent des filières et des universités.
- Lisez la fiche Parcoursup de chaque formation, car les modalités et les capacités d’accueil varient d’une université à l’autre et changent chaque année.
- Attention à l’année de référence : la réforme 2027 remplacera PASS et LAS par une licence santé unique, mais les bacheliers 2026 restent sur le système actuel.
Pour aller plus loin
Cet article est un satellite d’un dossier plus large. Pour situer la LAS par rapport à l’autre voie d’accès, commencez par notre guide PASS ou LAS : comment choisir. Pour comprendre le cadre général et ses évolutions, lisez la réforme des études de santé et ses parcours. Et si la sélection ne passe pas du premier coup, notre article rater sa première année de santé, que faire détaille les rebonds possibles.
Pour les informations officielles et à jour, appuyez vous sur la fiche dédiée du ministère de l’Enseignement supérieur, sur les fiches formation de Parcoursup et sur les ressources d’orientation de l’ONISEP.
Article rédigé par Catherine Menay, conseillère d’orientation chez Axiom Academic.
Questions fréquentes
Faut-il choisir la LAS qui recrute le plus d'étudiants en médecine ?
La LAS de droit est-elle plus facile que la LAS de biologie pour médecine ?
Que devient ma LAS si je ne suis pas pris en médecine ?
Puis-je changer de LAS après ma première année si je me suis trompé de licence ?
Où trouver les modalités exactes de la LAS qui m'intéresse ?
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Crédits photo : Semih Palaz · Pexels · source