Rater sa première année de médecine : comment rebondir
Rater sa première année de médecine (PASS ou L.AS) n'est pas une impasse : règles de seconde chance, réorientations possibles et plan B à construire.
Conseillère d'orientation, Axiom Orientation · Publié le 20 juillet 2026
9 min de lecture
Sommaire
- Rater sa première année de santé : de quoi parle-t-on vraiment
- La règle clé : on ne redouble pas le PASS ni la L.AS
- Ce qui change avec la réforme prévue pour 2027
- Les vraies réorientations possibles
- Le paramédical et les métiers du soin
- La kinésithérapie, un cas à part
- Les licences classiques et les BUT
- Construire un plan B dès le départ
- Les études de santé à l’étranger : l’option belge
- À retenir
- Pour aller plus loin
Chaque été, en consultation, je reçois des familles avec la même phrase, dite souvent à voix basse : « Il (ou elle) a raté médecine. » Le mot « raté » pèse lourd, parce qu’il porte l’idée d’une porte définitivement fermée. C’est presque toujours faux, et une bonne partie de mon travail consiste à démonter cette idée point par point.
Rater sa première année de médecine, aujourd’hui, ce n’est pas rater sa vie, ni même rater les études de santé pour toujours. C’est se retrouver à un carrefour, avec des options qui dépendent très concrètement de ce que l’année a produit : des crédits validés, ou non. La difficulté n’est pas à nier, elle est réelle, et le vécu de l’étudiant compte. Mais la suite se joue sur des règles précises, pas sur un couperet.
Cet article fait le tour de ces règles, calmement. Ce que « rater » veut dire selon les cas, pourquoi on ne redouble plus, les réorientations qui existent vraiment, et comment un plan B construit à l’avance change tout. L’objectif est simple : transformer une angoisse floue en décisions claires.
Rater sa première année de santé : de quoi parle-t-on vraiment
Le premier réflexe utile est de distinguer deux situations que les familles confondent presque toujours.
La première : l’étudiant n’a pas validé son année, c’est-à-dire qu’il n’a pas obtenu les 60 crédits ECTS attendus. La seconde : l’étudiant a validé son année (les 60 crédits) mais n’a pas été admis dans la filière santé visée (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie). Ce sont deux « échecs » très différents, qui n’ouvrent pas les mêmes portes.
Dans mon accompagnement, je vois souvent des étudiants persuadés d’avoir « tout raté » alors qu’ils ont en réalité validé leur année. Prenons Inès, une élève fictive mais typique : elle a obtenu ses 60 crédits en L.AS, mais son classement ne lui a pas donné accès à médecine. Elle n’a rien perdu de son année. Elle a au contraire gagné le droit de continuer et de retenter. À l’inverse, Maxime, autre profil fictif, n’a pas validé son PASS : sa route sera une vraie réorientation. Savoir dans quelle case on se trouve est la toute première étape.
La règle clé : on ne redouble pas le PASS ni la L.AS
Voici le point que beaucoup de parents ignorent encore, parce qu’il vient de la réforme de 2020 qui a remplacé l’ancienne PACES : on ne redouble pas sa première année de santé à l’identique. Le PASS (Parcours d’accès spécifique santé) ne se recommence pas, et la L.AS (Licence avec option accès santé) non plus dans sa première année.
La logique de la réforme est de remplacer le redoublement par une progression. C’est là que les crédits validés deviennent décisifs.
| Situation à la fin de l’année | Ce qui est possible |
|---|---|
| Année validée (60 ECTS) + admission en filière santé | Poursuite directe dans la filière MMOPK visée |
| Année validée (60 ECTS) sans admission | Passage en L.AS 2 (ou en 2e année de la licence correspondante), avec une seconde candidature possible au concours |
| Année non validée | Réorientation via Parcoursup, pas de réinscription en accès santé en règle générale |
Autrement dit, la « seconde chance » existe bel et bien, mais elle ne prend jamais la forme d’un redoublement. Elle prend la forme d’une année supérieure : on avance dans une licence, et c’est depuis cette deuxième année que l’on peut retenter sa candidature en santé. Les modalités exactes (nombre de tentatives, conditions de classement) sont fixées par chaque université, il faut donc lire le règlement de son établissement plutôt que de se fier à une règle générale entendue ailleurs.
Si vous hésitez encore entre les deux voies d’entrée et leur logique de plan B, notre article PASS ou L.AS, comment choisir détaille ce choix de départ, qui conditionne largement la suite.
Ce qui change avec la réforme prévue pour 2027
Un mot d’attention, parce que le paysage bouge. Une proposition de loi adoptée au Sénat en octobre 2025 prévoit de remplacer le PASS et la L.AS par une licence santé unique à l’horizon 2027, avec, dès la première année, une majorité d’enseignements de santé. Le texte prévoit deux occasions de candidater aux filières MMOPK : une première à la fin de la première année, une seconde à la fin de la deuxième année.
Deux précisions de prudence. D’abord, il s’agit d’une évolution législative dont le calendrier et les modalités définitives peuvent encore bouger : je vous invite à vérifier l’état du droit sur les sites officiels avant toute décision. Ensuite, les étudiants entrés avant cette bascule terminent leur cursus selon les règles actuelles. Concrètement, un étudiant qui commence sa première année en 2026 reste dans la logique PASS/L.AS décrite plus haut. La réforme ne réécrit pas rétroactivement les règles de votre enfant s’il est déjà engagé.
Les vraies réorientations possibles
Quand la poursuite en santé n’est pas ouverte, ou quand l’étudiant décide lui-même de tourner la page, les options ne manquent pas. Elles sont même plus nombreuses qu’on ne le croit.
Le paramédical et les métiers du soin
Le monde de la santé ne se réduit pas aux cinq filières MMOPK. De nombreux métiers du soin sont accessibles autrement : diplôme d’État d’infirmier, d’ergothérapeute, de psychomotricien, certificat de capacité d’orthophoniste ou d’orthoptiste, sans oublier des BTS comme diététique ou opticien-lunetier. Certains de ces cursus recrutent sur Parcoursup, d’autres sur concours ou sur dossier. Pour un étudiant qui aime le soin mais qui a souffert de la pression du concours, c’est souvent une découverte heureuse.
La kinésithérapie, un cas à part
La kinésithérapie mérite une mention spéciale, car elle a plusieurs voies d’accès. On peut y arriver via le PASS ou la L.AS, mais aussi après une première année de licence de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ou de biologie, avant d’intégrer un institut de formation en masso-kinésithérapie. Un étudiant qui aime le mouvement, le corps et la relation directe au patient a donc plusieurs portes d’entrée, sans forcément repasser par la case concours santé. Les modalités varient selon les régions et les instituts, à vérifier au cas par cas.
Les licences classiques et les BUT
Les crédits accumulés en PASS ou en L.AS ne s’évaporent pas. Une licence de biologie, de chimie, de sciences, de psychologie, de droit ou de STAPS constitue souvent une suite logique, parfois avec des passerelles qui valorisent l’année accomplie. Les BUT (bachelors universitaires de technologie), plus professionnalisants, comme génie biologique ou carrières sociales, sont une autre piste concrète. Pour explorer méthodiquement ces bifurcations, notre article sur les chemins de réorientation possibles donne une cartographie plus large.
Construire un plan B dès le départ
Le meilleur moment pour préparer un échec au concours, c’est avant de commencer, pas après. C’est le conseil que je répète le plus en cabinet d’orientation aux familles qui visent médecine.
En pratique, cela veut dire choisir sérieusement sa mineure (en PASS) ou sa licence porteuse (en L.AS). Une mineure ou une licence choisie « par défaut », sans intérêt réel, se retourne contre l’étudiant le jour où elle devient sa voie principale. À l’inverse, un étudiant qui aime vraiment sa mineure de biologie ou sa licence de droit vit sa non-admission en santé non pas comme une chute, mais comme un simple changement de cap déjà balisé.
Ce plan B a aussi une fonction psychologique. Un étudiant qui sait qu’il a une porte de sortie digne travaille souvent avec moins de panique, et paradoxalement plus efficacement. La pression du « tout ou rien » est un mauvais carburant. Sur ce terrain de la gestion du stress, notre article dédié à la gestion du stress des admissions propose des repères concrets pour la famille comme pour l’étudiant.
Les études de santé à l’étranger : l’option belge
Enfin, il existe une voie à laquelle beaucoup de familles francophones ne pensent pas assez tôt : étudier la santé à l’étranger, et en particulier en Belgique francophone. La proximité linguistique et géographique en fait une option cohérente, à condition d’en connaître les règles propres.
La Belgique a son propre calendrier (différent de Parcoursup) et un examen d’entrée pour la médecine et la dentisterie, ainsi que des conditions spécifiques pour les candidats non-résidents. Ce n’est donc pas un simple « plan de secours » que l’on active en juillet : cela s’anticipe. J’en détaille les modalités dans notre fiche pays Belgique.
Et si l’ensemble du dossier Parcoursup s’est soldé par des réponses négatives, au-delà de la seule santé, il reste des leviers concrets pour la phase complémentaire et la suite : notre article sur comment rebondir après une réponse négative fait le point.
À retenir
- On ne redouble pas le PASS ni la L.AS. La réforme de 2020 a remplacé le redoublement par une progression dans une licence, d’où l’importance des crédits validés.
- Valider son année sans être admis n’est pas un échec : cela ouvre la L.AS 2 (ou la 2e année de licence) et une seconde candidature au concours.
- Ne pas valider son année impose une réorientation via Parcoursup, sans réinscription en accès santé en règle générale.
- Le soin ne se limite pas aux filières MMOPK : paramédical, kinésithérapie (via STAPS ou biologie), licences scientifiques, droit et BUT sont des voies réelles.
- Un plan B se construit dès l’inscription, en choisissant une mineure ou une licence de L.AS qui a du sens en soi.
- La Belgique francophone est une option à anticiper tôt, avec son propre calendrier et son examen d’entrée.
- La réforme prévue pour 2027 (licence santé unique, deux candidatures) ne s’appliquera pas aux étudiants déjà engagés dans le cursus actuel.
Pour aller plus loin
- PASS ou L.AS, comment choisir
- Les chemins de réorientation possibles
- Rebondir après une réponse négative sur Parcoursup
- Fiche pays Belgique : étudier la santé de l’autre côté de la frontière
- ONISEP : les études de santé
- ONISEP : les voies d’accès aux études de kinésithérapie
Article rédigé par Catherine Menay, conseillère d’orientation chez Axiom Academic. Catherine accompagne au quotidien des familles et des élèves dans la construction de leur parcours d’orientation.
Questions fréquentes
Peut-on redoubler sa première année de médecine ?
Que faire si je n'ai pas validé mon PASS ou ma L.AS ?
Comment devenir kinésithérapeute après un échec en PASS ou en L.AS ?
Étudier la médecine en Belgique est-il une solution après un échec en France ?
La réforme de 2027 change-t-elle les règles de seconde chance ?
Pour aller plus loin
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Crédits photo : Taras Chuiko · Pexels · source